Voir ou découvrir la ville autrement…

Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, du Cloître, Garinet

De ce monsieur, on connaît fort bien son travail mais très mal sa personne. Nicolas Appert avec ces bouteilles de champagne rencontrait un problème. Il tient en 7 lettres et se rapporte à ces dernières.

Grâce à vous, Mme Niess-Guerlet, l’énigme pour nous n’en est plus une. Pour ceci mais aussi pour toutes vos explications, nous vous disons merci. Votre professionnalisme ainsi que votre simplicité à nous expliquer clairement sont fortement appréciés.

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Mr Pagnottat, qu’est-ce qu’un musée ?

Mr Pagnotta, Directeur des musées de Châlons

Les musées français ont deux origines :

Les plus anciens ont été constitués par les confiscations révolutionnaires comme le Louvre par exemple. Les confiscations royales, religieuses, de tous les biens… ont servi à les alimenter.

Les autres sont les collections de particuliers bourgeois qui se sont constituées au cours du 19ème siècle. A cette époque, on accumulait des échantillons sur différents thèmes de ce qu’était produit par l’homme mais également des curiosités de la nature.

Les collectionneurs particuliers ne sachant plus que faire de leurs collections les ont données aux villes et de là sont nés les musées.

Créé en 1794, le musée de châlons a ces deux origines et demeure l’un des plus anciens de France. C’est le Muséum Départemental qui était, à l’origine, installé dans l’hôtel de l’Intendance.

Quels sont les différents musées de Châlons ?

Façades du Musée et de la Bibliothèque– Le musée des beaux arts et d’archéologie. Seules les collections beaux arts, minéralogie, sculptures sont présentées actuellement car on a pas la place pour présenter la totalité. Il y a un projet de musée qui est cours de réflexion, de gestation et sa mise en oeuvre a commencé.

– Nous avons un musée de sculptures médiévales, c’est le musée du cloître, ce sont de pures merveilles. C’est un cloitre médiéval du 12ème siècle, qui avait été détruit au 18ème et dont on avait plus aucun souvenir, plus aucune représentation. C’est un archéologue du nom de Raymond Pressuyre qui l’a redécouvert. C’est quelqu’un qui a beaucoup apporté à Châlons, il venait faire son service militaire à Mourmelon,

et c’est à cette occasion qu’il a procédé à ces fouilles, fait ces découvertes et créé ce musée. Ce sont des statues Le Musée du Cloître et ses statues colonnescolonnes d’une qualité, d’un raffinement, d’une facture tout à fait exceptionnel.

– Un autre musée, c’est le musée Garinet, une collection du 19ème siècle dans la maison du collectionneur. L’ensemble se trouve dans l’état où cela était encore au 19ème siècle. L’authenticité est à tel point qu’il n’y a pas encore d’électrification de la plupart des salles de l’étage. Le musée en hiver ferme quand la nuit tombe.

– Enfin, un lieu que bien sûr nous ne pouvons évoquer et dont je tairais l’emplacement car ce dernier doit rester confidentiel : les 6000 m² de réserves.

L'entrée mal indiquée du Musee du Cloître

On signalera un gros déficit de signalétique et il faut reconnaître qu’il est difficile de trouver l’entrée du Musée du Cloître. Concernant l’indication de ces musées, tout reste à faire car ces établissements méritent d’être connus, ils sont absolument magnifiques.

En être directeur, c’est ?

Une fierté, une satisfaction car c’est vrai, c’est intéressant. Mon plus ancien prédécesseur est le citoyen Leblanc, ensuite Charles Nicolas Varin. En fait, ce sont des artistes au départ qui sont conservateurs de musée. Ensuite vient la professionnalisation, les formations…

A partir de la deuxième moitié du 19ème siècle, les conservateurs du musée étaient les conservateurs de la bibliothèque. Une vingtaine de personnes travaillent aux musées municipaux. Nous sommes aujourd’hui dans une phase de spécialisation et de professionnalisation. Depuis la fin des années 1980, avec la création de la filière culturelle, chaque activité est dédiée à des personnes formées pour une activité bien précise.
Travaux au Musée : préparation d'une salle d'exposition
Comment se constitue le public des musées châlonnais ?

Les 2/3 sont français, la moitié est de la région et puis les 25% restants sont des étrangers. Celui qui fonctionne le plus est bien évidemment le musée des Beaux Arts car les deux autres musées sont moins importants. Il faut dire que l’on a moins développé la communication sur ces établissements là. Pour faire tourner un musée, il faut renouveler, faire différentes expositions…

La source des informations ? Louis Barbat dont nous parlons sur nos pages ?

Histoire de la Ville de Châlons Sur Marne et de Ses MonumentsTout n’est pas toujours fiable, il faut croiser les informations. Il faut les vérifier et les revérifier encore. Le livre de Louis Barbat par exemple comprend des informations qui sont un petit peu sujettes à caution. Barbat n’était pas un historien mais un artiste.

Mon prédécesseur Mr Jean-Pierre Ravaux qui a été 32 ans à ce poste émettait des réserves sur la qualité du travail de ce dernier. Le contenu de ce livre n’est pas à prendre au comptant et l’avertissement doit être donné au lecteur découvrant cet ouvrage. Les dessins ont étés généralement repris de dessins, représentations plus anciennes.

Votre plus grande satisfaction depuis votre arrivée ici ?

Des acquisitions d’oeuvres flamandes de grande qualité. Ce qui m’intéresse le plus dans ce métier, c’est toute la préparation d’une muséographie, d’une exposition, la mise en scène, mettre à la disposition du public des oeuvres. On ne met pas les choses au hasard, on les met pour que le public comprenne, ai des clés, des repères pour comprendre… on communique à travers nos oeuvres et on essaie de les faire voir dans les meilleures conditions. Ca, ce sont des grands plaisirs. Avec les acquisitions, c’est sans doute ce qui m’a le plus plu.

A contrario, le plus décevant est le poids très lourd, trop lourd du caractère administratif. Le fait d’une acquisition ce n’est pas de dire « tiens on va acheter ça et puis voila ». C’est une procédure complexe qui va de l’étude de l’histoire de l’art et de l’intérêt par rapport à nos collections jusqu’à l’authenticité des techniques utilisées.

C2MRF : Centre de Recherches et de Restauration des Musées de France à Paris, on leur confie les oeuvres, ils font toute une batterie de tests, d’analyses, on a les résultats, ensuite il faut aller plaider devant une commission, il faut aller plaider pour qu’on autorise à l’acheter, c’est une commission Inter-Régionale qui nous autorise à acquérir et ensuite on sollicite des crédits complémentaires, c’est ce que l’on appelle le FRAM

Le Fond Régional d’Acquisition des Musées, c’est encore une autre commission où il faut encore aller plaider. Cela demande un temps fou !!!

Pour certaines oeuvres, cela vaut le coup d’aller plaider… mais pour d’autres beaucoup plus modestes mais intéressantes pour le musée… toute cette procédure paraît complètement disproportionnée…

Logo du label « musée de France », créé par Mr Philippe Apeloig

Logo du label « musée de France », créé par Mr Philippe Apeloig, choisi par le ministère de la Culture au terme d’un concours lancé en 2005

On dépend aussi de l’Etat. L’Etat exerce un contrôle sur les musées de France. on a le label, l’appellation « Musée de France », donc comme tout musée possédant ce label, nous devons rendre des comptes, dont faire passer les acquisitions devant des commissions…

Bibliothèque et MuséeLorsque l’on prévoit un réaménagement, on doit faire ce que l’on appelle un PSC, un Projet Scientifique et Culturel, un travail énorme où il faut tout prévoir, tout imaginer du futur musée comment il sera, etc…

Pour le Musée de Châlons, j’ai fait le PSC qui m’a demandé plusieurs années. Mon successeur s’occupera du travail salle par salle, ce que l’on mettra dedans, etc… moi j’ai fait un travail général.

Qu’aimeriez-vous dire en conclusion sur nos pages ?

Les visites des lieux comme les Musées de Châlons en Champagne sont des moments de qualité, on a un contact direct avec les objets, les oeuvres, on vit un moment d’intimité privilégié, c’est une source de délectation, de plaisir.

Le fond d’estampes des musées de châlons est absolument inconnu à ce jour parce que les estampes sont très sensibles à la lumière et qu’on ne peut les présenter longtemps. On a à peu près 1500 estampes. C’est une richesse, un trésor qui va être révélé au public pendant le premier semestre de l’année 2012 dans des conditions d’éclairage bien maitrisées de manière à ce qu’aucun dommage ne soit créé aux oeuvres.

Mr Pagnotta, nous vous souhaitons nombreux visiteurs avec à la main, pourquoi pas, cette modeste contribution d’estampe numérique. Quant à votre exposition prévue sur début d’année, soyez sûrs que nous n’y serons pas les derniers. Au plaisir d’une visite impromptue…

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Contacts, réservations et visites guidées

Tél : 03 26 69 38 53
musee.mairie@chalons-en-champagne.net

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Musée des Beaux-arts et d’Archéologie
Place Godart – 51 000 Châlons-en-Champagne

Horaires d’ouverture :

  • Du lundi au vendredi de 14 h 00 à 18 h 00
  • Le samedi de 10 h 00 à 12 h 00 et de 14 h 00 à 18 h 00
  • Le dimanche de 10 h 00 à 12 h 00 et de 14 h 30 à 18 h 30
  • Ouvert les jours fériés sauf les 1er et 11 novembre, 25 décembre, 1er janvier et 1er mai
  • Fermé le mardi
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Musée du Cloître de Notre-Dame-en-Vaux
Rue de Vaux51 000 Châlons-en-Champagne

Horaires d’ouverture :

  • Du 1er avril au 30 septembre : Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures
  • Du 1er octobre au 31 mars :
    • Ouvert de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 17 heures en semaine
    • De 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures les samedis et dimanches
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Musée Jules Garinet
13 rue Pasteur – 51 000 Châlons-en-Champagne

Horaires d’ouverture :

  • Du lundi au dimanche : de 14 h à 18 h
  • Fermé le mardi et les jours fériés

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Bibliographie

Ouvrages utilisés sur ce site :
  • Histoire de la Ville de Châlons Sur Marne et ses monuments – L. Barbat (1854)
  • Topograhie Historique de la ville de Châlons-Sur-Marne – L. Grignon (1889)