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La rue d’Orfeuil à Châlons en Champagne

Rue d'Orfeuil
Depuis une époque très reculée, cette rue portait le nom de rue de Brebis – que l’on écrivait aussi de Berbis – Vicus ovium (1270), et cela tres probablement parce qu’en ce lieu, dès le XIIIe siècle et sans doute auparavant, se tenait le marché aux moutons. On la nomme aujourd’hui et depuis le commencement de ce siècle :

Portrait Officiel de M. Rouillé d'Orfeuil

M. Rouillé d’Orfeuil

Rue d’Orfeuil, hommage rendu à M. Rouillé d’Orfeuil, intendant de la province de Champagne de 1764 à 1789, à l’initiative duquel la ville de Châlons doit ses premiers embellissements et de nombreux travaux utiles.

Elle part de l’Hôtel-de-Ville, dans le prolongement de sa façade et se dirige vers le sud. Du côté droit de celle rue était autrefois la partie du cimetière Saint-Alpin, qui entourait le chevet de l’Eglise. Dans le cours du XVIIe siècle, à cause du voisinage de I’Hôtel-de-Ville où se trouvait le siège de presque toutes les juridictions, où avaient lieu de fréquentes assemblées et annuellement la foire des Sannes, le cimetière était souvent envahi ; quelquefois les troupes de passage s’y installaient et les clôtures en bois qui le fermaient, étaient à tout instant renversées.

En 1682, l’évêque de Noailles constata dans sa visite annuelle, que le cimetière n’était pas clos et qu’une petite ruelle située au nord, était pleine d’ossements et d’ordures; il ordonna de fermer le cimetière du côté de la place.

Ce ne fut qu’en 1698 que celle ruelle fut, non point fermée, mais rendue moins accessible, par le placement d’un tourniquet. Ruelle et tourniquet existaient encore vers 1840 et ce n’est qu’à cette époque que cet emplacement, aujourd’hui occupé par des constructions régulières fut définitivement approprié.

Au delà est une petite rue appelée rue Saint-Alpin. Elle aboutissait autrefois au cimetière qui occupait la plus grande partie du terrain de la rue actuelle. Des maisons y avaient leur entrée, notamment la maison de la cure qui jadis n’était qu’une petite maison appartenant au Chapitre de Saint-Etienne et qui, en 1558, fut donnée à bail perpétuel à M° Guillaume Baudesson, curé de l’une des portions de la cure Saint-Alpin.

A l’un des angles de cette rue, se trouve le presbytère actuel, construit de 1728 à 1734 par M. de Chevigny, curé de la paroisse. Il f’ut établi “sur l’emplacement de l’ancien et des maisons ruinées dites le Four Saint-Alpin” (1728). Ce four, qui faisait suite au sud à la maison de la cure, appartenait à l’abbé de Saint-Pierre-aux-Monts.

Saint Alpin - Eglise ParoissialeSaint Alpin – Eglise Paroissiale

Il existait dès l’an 1028, époque où il fut donné à l’abbaye, avec l’église Saint-Alpin… ecclesiam sancli Alpini, com furno cliam.

Il fut loué par bail du 30 juin 1385, moyennant trente-deux livres tournois en argent et huit livres pesant de cire par an. Il existait encore comme four en 1513, époque où nous voyons l’abbé donner à bail à Jean Liénart, boulanger “un four appartenant au dit abbé à cause de sa crosse, communément appelé le Four Saint-Alpin.”

La maison voisine (N° 6), aujourd’hui d’une certaine importance, n’était en 1551 que “une place et masure tenant d’une part au four Saint-Alpin et d’autre à la ruelle aux Pois.” En 1773, elle appartenait à la famille Gargam qui devait l’avoir fait édifier.

Extrait (Voir Bibliographie – L.Grignon)

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Bibliographie

Ouvrages utilisés sur ce site :
  • Histoire de la Ville de Châlons Sur Marne et ses monuments – L. Barbat (1854)
  • Topograhie Historique de la ville de Châlons-Sur-Marne – L. Grignon (1889)