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Eglise Saint-Loup

Eglise Saint-Loup

Eglise Saint-Loup – Vue prise du boulevard

Le seul monument remarquable existant dans cette rue est l’église Saint-Loup, dont la création fut ordonnée en 1245. Il n’existait dans ce quartier aucune église auparavant; le ban des Clercs faisait partie de la paroisse Notre-Dame. Cette église paraît avoir été d’abord construite d’une façon provisoire, n’ayant de définitif qu’une tour carrée destinée à renfermer les cloches et qui a subsisté jusqu’en 1886. C’est tout ce qui restait de la première église. Le choeur et les transepts sont du XIVe siècle, les nefs du XVe.

Le nouveau portail, avec tour centrale, style XIVe, qui vient d’être édifié en remplacement de la façade disparate qui terminait la construction du côté ouest, fait de l’église Saint-Loup un des monuments les plus élégants de la ville et du meilleur style. On y remarque à l’intérieur, une série de verrières peintes par Marquant-Vogel de Reims qui ne sont pas sans valeur, tant sous le rapport de la composition que du coloris, et aussi quelques bons tableaux notamment une Madeleine aux Anges de Simon Vouët et un triptyque du XVIe siècle attribué à Franck, peint sur bois, représentant l’Adoration des Mages, ouvrage d’une grande valeur. Cette église eut jusqu’à la Révolution son cimetière longeant le bas-côté nord du monument.

Illustration Louis Barbat

Saint-Loup. Eglise paroissiale

Le presbytère fut situé pendant plusieurs siècles dans la rue Saint-Loup, presque en face de l’église. Dans le cours du 18e siècle, M.Varnier, curé de la paroisse fit l’acquisition d’une maison, rue des Parmentiers, pour être affectée à cet usage. Vendue pendant la révolution, elle fut rachetée par M. l’abbé Becquey qui, à sa mort, en fit don à la paroisse; elle sert encore aujourd’hui de presbytère.

Les maisons ayant porté un titre sont assez rares dans la rue Saint-Loup. Nous citerons cependant la maison des Prisons, ou des Ceps de justice, située devant l’église (1544). La maison de la Boucherie qui tenait à la précédente, où se trouvait l’étal de la boucherie du ban (1546-1559). Le four banal près de l’église et touchant par-derrière au rempart (1528) qui avait été crée en 1185, suivant l’autorisation donnée au Chapitre par l’évêque Guido… Ut in terra sua de Rougnon furnum faciant libere et quiete habeant et perpetuo jure possideant. La maison du Sabot (1608). L’hôtel de l’Aignelet (1498), plus tard appelé la maison à la brebis, autrement la Champenoise (1571-1670). La maison le Beau-Père près l’église Saint-Loup (1472). La maison à l’Hermite (1472). La maison du Colombier, tenant à la ruelle des Savarins, dite Thibaut-des-Murs (1469-1676).

En 1469 fut acheté « ung jardin auquel il y a ung colombier basti sur quatre poteaux de bois au ban des clercs à l’endroit de Thibaut-des-Murs,tenant à l’héritage des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, moyennant 30 livres tournois pour principal marché et 30 sols pour le vin ». A côté était la grange des Templiers (1242-1427);

Rue St Loup

puis la cense des Boudées, consistant en maison, grange, étables, cour, jardin, touchant par derrière à l’hôtellerie de l’Ecu-de- France,de laquelle cense dépendaient quatre-vingt-cinq journées de terres situées au terroir de Chàlons (1560-1582), appartenant à la famille Le Folmarié pour une part et à Jean Briotin, écuyer, seigneur de Seuil, lieutenant de la ville de Reims en 1544, pour une autre part.

En face était un autre immeuble aboutissant au rempart, appelé d’ancienneté la maison des Boudées. Elle fut achetée en 1615 par Jean Charton, chevaucheur d’écurie, tenant la poste pour le roi à Châlons et à Chepy. moyennant 1,700 liv. Nous citerons encore la cour Bastien-Guyot (1521-1602), dont l’emplacement paraît avoir été occupé ensuite par le couvent des Mathurins. En face est une cour dite aujourd’hui la cour Appert, maisons Nos 37 à 53 de la rue, dont nous n’avons pu découvrir le nom dans le passé: et presque en face une autre cour que l’on nommait communément la cour des Chantrelles ou des Chanlattes (1824).

La Grande Etape

La place aux Chétifs

Enfin, nous devons citer deux ruelles conduisant au boulevard, l’une appelée rue Galace, dont nous ne trouvons pas le nom dans le passé, et la rue Gravissante, qui paraît être l’ancienne ruelle Malgarçon (1277-1521).

Du quartier Saint-Loup dépendent encore d’autres rues dites aujourd’hui : de l’Arquebuse. Parmentier, Abbé-Becquey, Traversière. On les désignait jadis sous le nom commun de ruelles Croisées (1472-1630), ce qui fait qu’il n’est pas toujours facile de se rendre compte de l’emplacement exact de certains immeubles désignés dans les contrats. D’autres noms qui leur étaient donnés ajoutent encore à cet embarras : la rue de l’Arquebuse était, depuis la rue Saint-Jacques, appelée du Picheron… In vico qui dicitur Picheron… (1251), qui Picheronno dicitur (1260) ; mais dans sa partie haute elle prenait le nom de rue aux Buires (1454-1727).

On l’a appelée aussi rue Dautel ou des Autelz (1399-1630). La rue Traversière a porté les noms de rue Jean-Desère (1379), ruelle Jacquier (1521), rue de la Martellerie, autrement les ruelles Croisées (1606); elle portait le nom de rue Traversière dès 1755. La rue de l’Abbé-Becquey s’est appelée rue de la Sorre (1394) et aussi Dame-Rainard-de-la-Sorre (1387), puis rue de la Sorée (1541-1618).

En 1545, elle ne se composait que de jardins fermés de haies. On la nomma ensuite ruelle Croisée (1755) et enfin de l’Abbé-Becquey (1868). La rue Parmentier n’a rien de commun avec l’inventeur de la pomme de terre ; ce n’est pas là son nom véritable. C’était la rue des Parmentiers dès le XIIIe siècle… In terra clericorum in vico Parmenlariorum (1252).

L'Eglise Saint-Loup de nos jours

L’Eglise Saint-Loup de nos jours

Dans la rue aux Buires était une maison dite des Trois- Boules (1606). Au Picheron, la maison de Garin le bel danseurGarini dicti le biau denceor (1295); en 1538, cette maison était encore désignée sous le même nom.

C’est dans la rue du Picheron qu’en 1688 fut définitivement installé le jardin ou hôtel de l’Arquebuse. Si nous rappelons brièvement ici ses migrations successives, nous trouvons que, dans le cours du XVe siècle, il n’est encore question que d’arbalétriers ; l’arquebuse n’était pas inventée. Le 23 mai 1497, le conseil de ville, sur la requête des arbalétriers au nombre de cent vingt confrères de Saint-Sébastien, « mise sus depuis dix ans, qui font dire une messe solennelle tous les ans aux Augustins et une tous les mois, qu’au Jard appartenant à la ville, ils ont bâti, du consentement des gouverneurs d’alors, une butte et audit lieu planté plusieurs plançons de saulx pour estre à l’ombre et s’exercer à l’arc à la défense de ladite ville, ils demandent qu’on leur conserve l’usage dudit lieu et l’exercice de ladite confrérie », ce qui fut accordé pour dix ans.

Faute de renseignements, nous perdons de vue les arbalétriers jusqu’au milieu du XVIe siècle, époque où une transformation importante s’était opérée dans l’armement. En 1553, la compagnie d’arquebusiers, placée sous le patronage de saint Georges, avait un jardin dans la rue Sainte-Croix, où ils faisaient leurs exercices. Toutefois l’exercice de l’arc ne fut pas absolument délaissé, et nous voyons les anciens confrères de Saint-Sébastien s’exercer à l’arbalète en un lieu dont nous avons parlé dans notre chapitre du quartier Saint-Jean.

Extrait (Voir Bibliographie – L.Grignon) – Illustrations (L.Grignon – L.Barbat)

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Bibliographie

Ouvrages utilisés sur ce site :
  • Histoire de la Ville de Châlons Sur Marne et ses monuments – L. Barbat (1854)
  • Topograhie Historique de la ville de Châlons-Sur-Marne – L. Grignon (1889)