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Edmond Thénière était de Châlons…

Jean ThénièreCela aurait pu être bien pire, et pourtant… !!!
On l’appelait « L’Orient Espress » ou train H. Ce jour-là, en gare de Vitry au kilomètre 205 300, la locomotive 36 (machine 3126) à 4 cylindres de type 120 tonnes suivie de son fourgon contenant l’eau et le combustible nécessaires  à l’alimentation d’une locomotive à vapeur (appelé aussi : tender) tire l’ensemble du convoi.

Nous sommes alors le 09 avril 1910. Depuis quelques mois déjà, des réparations sont en cours d’exécution sur le  pont canal, les voies 1, 2 et 1 bis devant être modifiées. Une voie provisoire est mise en place avec par endroits des courbes accentuées.

Certains de l’époque l’écriront « mécanicien Tergières », « mécanicien Thumière », « TEIGNIERES avec un s » mais en fait  il n’en est rien.
Photo de famille : Edmond (entouré en rouge)
Jean, natif de Châlons sur Marne, né en 1929 rue de la Planchette, lui, nous confiera qu’il s’agissait de son  grand-père : Edmond Thénière (entouré en rouge sur la photo ci-dessus. La mère de Jean entouré en jaune…) demeurant 10 rue d’Alger à Châlons sur Marne. Pour preuve et gardé jalousement tous  les documents et photographies d’époque relatant l’évènement…

Tous sont unanimes…
Aux alentours de 4 h 15 du matin, entre le pont du canal et la gare de Vitry, chacun sait que d’importants travaux ont lieu et qu’une déviation est mise en place pour la circonstance. Tous saufle mécanicien du train !!!
La locomotive conduite par Edmond Thénière
Ignorant l’existence de ce point, la signalisation adéquate mise en place trop rapprochée, la vitesse étant de 100  km/h et ne l’ayant pas remarqué suffisament tôt arrive ce qui malheureusement doit se produire :

à la première courbe, le train déraille !!!

Arrivés sur le pont, la locomotive et son tender sortent du rail, enlevant ceux-ci et labourant une partie du pont  qui continuent leur course sur un trajet de 150 mètres arrachant rails, traverses et défonçant le ballast sur leur  passage. Le choc est d’une rare violence. A ce moment, les attelages se rompent, le tender s’incline sur la gauche  pendant que la locomotive saute trois voies pour aller s’abattre sur la droite à plus de de 20 mètres de son tender  sur le même plan.

L’accident qui ne dura quelques secondes fût lourd de conséquences. Sur le plan matériel bien sûr mais également et  surtout côté humain. Edmond, conducteur du train se retrouva projeté sur la voie. Le pire s’abattait sur le  chauffeur, Albert Barbier, marié demeurant rue Haute de Compertrix à Châlons sur Marne. Celui-ci âgé seulement de  28 ans se retrouvait criant désespérément et coincé malgré lui, les jambes prises sous cet amas de ferraille qu’était devenue la locomotive.

Malgré toute tentative de le sortir de cette mauvaise prise, ce n’est que 3h plus tard à l’hôpital que le docteur  Mougin sectionna le peu du moignon restant de la jambe droite de Mr Barbier. Son épouse arrivant au train de 10h38,  son mari avait quitté cette terre à peine une heure auparavant…
Accident du train
Par l’express, Mr Weiss, directeur de la campagnie de l’Est est venu spécialement de Paris. En compagnie de Mr  Jozon, sous-préfet, il se rendit à l’hôpital saluer le corps du malheureux chauffeur et visiter le mécanicien  blessé.
Le plus étonnant tient-il du fait que parmi les voyageurs et les deux employés du wagon restaurant ainsi que le  Chef de train aucun ne fût blessé ou bien que certains passagers ne s’aperçurent même pas de l’accident ?

Les  journaux de l’époque relatent le fait qu’un Anglais toujours endormi dans le train fut oublié et réveillé seulement deux heures après la tragédie !!!

Si vous aussi souhaitez apporter un témoignage, contactez-nous via notre page contact.

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Bibliographie

Ouvrages utilisés sur ce site :
  • Histoire de la Ville de Châlons Sur Marne et ses monuments – L. Barbat (1854)
  • Topograhie Historique de la ville de Châlons-Sur-Marne – L. Grignon (1889)