Quartier du Cours d’Ormesson à Châlons en Champagne
Ce quartier limité au sud par les murs de la ville, à l’est et à l’ouest par les deux canaux, au nord par la rue Eustache-de-Conflans, ne se compose que de trois rues longitudinales, d’un boulevard, de quelques ruelles transversales et de la promenade dite :
Le Cours d’Ormesson. (Cliquez sur le plan datant de 1625 pour l’agrandir)
L’une de ces trois rues était de toute ancienneté : la Bassinerie – Bacineria (1272), corruption de balnearia, maison de bains: on trouve dans un document concernant une chapelle de Saint-Laurent qu’une censive de 20 sols lui était due « Super quadam platea sila in bacineria inler plateam el horlum domus balnarii. » Le Chapitre possédait une censive sur la maison des bains : ïlem trigenta solidos super balnea sita in bacineria, inter domum Johannis la Saulx ex una parte et quamdam ruellam que ducit ad Maternam ex altera (1277).
IL y avait donc des bains dans cette rue et ils subsistèrent longtemps encore ; ces bains ou étuves étaient établis près de la première petite ruelle à gauche aboutissant à la rivière et dont le nom ancien ne nous est pas connu, mais qui, au commencement de ce siècle, portait l’étiquette de rue de VAnge-Velu, nom d’une rue voisine dont nous parlerons plus loin, et nommée aujourd’hui ruelle du Canal.
A l’entrée de la Bassinerie était un puits, fermé seulement il y a quelques années : il était fort ancien. Dans un acte de 1382 il est question « de la maison de Porel-Maichis, sise devant le puits, tenant à Jacquier le Barbiat et au chemin par où l’on va en la Bassinerie. »

Plus haut que la ruelle du canal esl. une autre ruelle aboutissant aussi à la rivière, appelée en 1341 la ruelle au Maillet, et aussi la rue Remy (1523). Dans le siècle présent elle a pris le nom de ruelle Fournier (1829-1868).
De l’autre côté de cette ruelle était une teneure ou rang de maisons et une place appelée la Cour de la Volette (1380-1684), toujours habitée par des tanneurs qui y exerçaient leur industrie. Par acte du 8 novembre 1380, « noble homme messire Ferry de Metz, conseiller du roi et maistre des requêtes de son hostel, » laissa aux chanoines et chapelains de Notre-Dame une teneure de maisons, « toutes sous un toit, appelée La Volette située en la Bassinerie, tenant au pont des Augustins. »
Le pont dont il est question était placé sur le Mau à trente mètres environ en amont du pont de Jessaint; il portait encore le nom de pont des Augustins en 1459, époque où le Conseil de ville décida de contribuer pour cent sols à la réparation de ce pont « qui est en grande ruine », dit le registre des conclusions. En 1552 il était tombé; les religieux Augustins adressèrent une requête à la ville pour qu’il fût refait « afin que les habitants puissent aller à leur église. » Le général de l’ordre ayant offert de contribuer à ce rétablissement pour vingt-cinq livres tournois, le Conseil de ville décida que le pont serait reconstruit.
Il s’appelait alors le Pont de la Monnaie, à cause du voisinage de l’atelier monétaire rétabli à Chalons par François 1er, nom qu’il conserva jusqu’en 1768, époque de sa suppression. En 1764, les trésoriers de France de la généralité, chargés de la voirie, avaient en effet décidé de supprimer la petite rue qui séparait l’hôtel de l’Intendance (aujourd’hui de la Préfecture) du couvent de Sainte-Marie, et de placer ailleurs le pont de la Monnaie, servant aux gens de pied pour être remplacé par un autre pont qui serait construit à l’extrémité de la rue Saint-Martin. Le quartier de la Bassinerie ne communiqua donc plus avec la rue Sainte-Croix qu’à ses deux extrémités.
Mais vers 1806, les inconvénients de cet état de choses s’étant souvent manifestés, la rue supprimée en 1768 fut ouverte un peu plus bas aux dépens de l’établissement de Sainte-Marie et le pont, rétabli avec plus de largeur, prit le nom de Pont Sainte-Marie : c’est aujourd’hui le Pont de Jessaint.
Au delà, et jusqu’au pont ou Château de Mauvillain, il n’existait guère de constructions de ce côté de la rue. Le pont Varin n’existait pas; il y avait là un abreuvoir. Le pont ne fut construit que vers 1768, on l’appela le Pont Vert ou Pont Saint-Martin. Primitivement construit en bois on le remplaça en 1845 par un pont en pierre.
De l’autre côté de la rue se trouvait au sud une ligne de maisons adossées au rempart qui subsiste encore. Ces maisons formaient avec la face sud du couvent des Augustins une rue dite la rue Chaude (1589), aboutissant à celle de l’Autre-Monde. Elle existe encore, mais elle est confondue avec le Cours d’Ormesson.
Extrait (Voir Bibliographie – L.Grignon)
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